Brame en fugue mineure

Le jour se lève sur un matin calme. Le brame est bien là. Il y a tout juste assez de lumière. C'est au raire qu'on repère le cerf. Pas le droit à l'erreur.

La bête est là qu'un brame étouffé a fait repérer. Mais elle ne bouge pas. Je la vois et je m'approche à pas de loup.

Le rival est dans le couvert ... On l'épit et on le toise. L'heure est aux préliminaires.

Un coup de gueule pour rappeler les subalternes à l'ordre des choses de la Nature

Un cri ancestrâl, rauque et puissant qui nous baigne dans la Nature sensuelle.

Le territoire par ses frontières est arpenté avec assurance.

Le maître des lieux, le Dix cors, s'arrête en voyant son rival. Mais la joute sera différée pour une raison que seul les bêtes savent.

La place de brame est parcourue par plusieurs cerfs. Et selon l'excitation l'endroit résonne plus ou moins des raires de ses occupants. Chaque cerf dominant a une zone qu'il arpente sans cesse en quête des rivaux qui veulent s'en approcher. Les combats sont précédés par des défis savamment mis en scène. Mais les joutes, une fois engagés, peuvent être mortelles. Ce matin-là, c'est un brame courtois qui suit certainement une nuit plus agitée. Suivant l'avancement du brame, l'ambiance est plus ou moins chaude.

Les bois du cerf

Les bois ne sont pas des cornes. Ce sont des excroissances osseuses qui se constituent de minéraux apportés par une peau très vascularisée : le velours. Les cerfs perdent leurs bois au mois de mars. Ils frottent alors vigoureusement leurs ramures contre les arbres pour les faire tomber. Ces bois tombés sont appelés mues.

Pendant l'été les cerfs frottent leurs bois dans les branches pour enlever le velours. En automne au brame, les bois sont luisants et superbes. Ce sont des armes redoutables et certains combats entraînent la mort de l'un des adversaires et quelquefois des deux. Ces ramures symbolisent la vigueur et le renouveau de la vie. On se remémore St Hubert qui eut la vision d'une croix entre les bois d'un cerf.

Pour ne pas éveiller l'attention de ces bêtes-là, il faut avoir l'instinct du chasseur. Surprendre avant d'être surpris. Car le cerf a bon oeil. L'immobilité donne un répis avant que la fuite casse le charme de l'instant.

Les daguets en fuite

Gros brame

 

Le jour est levé sur un brame tardif ...

Les cerfs sont d'ordinaire rentrés au bois.

Ils ont gueulé toute la nuit

et c'est un des seuls jours où l'on peut les photographier.

Le soleil levant les rend silencieux.

Et ils rentrent au couvert.

troisième tête

 

Le jour levé, les cerfs sont silencieux. Le troisième tête se repose avec les yeux ouverts. Il est parfaitement immobile, tournant la tête de temps à autre sans conviction. La chaleur naissante semble le dorloter. C'est en marchand avec précaution dans le chemin que je le vois. Lui, le si vigilant ne m'a pas vu du tout. Il me détecte quand j'ai eu le temps de prendre une série de très belles photos. Mais comme je bouge à peine me fondant dans le paysage, il s'étonne doucement, place son regard et enfin il se déplace pour décider de s'esquiver. Ayant prévu le parcours de sa fuite, je me déplace vite et je le surprends quand il traverse le chemin, l'arrosant des derniers déclics avant qu'il disparaisse pas trop précipitamment.

Cerf au repos qui se lève

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